Le Coaching n’est pas un luxe
Par Monique Caralli - Lefèvre - Neo Domo n°11
Le coaching est une pratique à la mode. Issu du monde sportif, il a envahi avec plus ou moins de succès plusieurs secteurs de la vie quotidienne (décoration, look…) et se développe depuis quelques années en entreprise.
Si le rôle du coach sportif est clair : il doit repérer les qualités de chaque athlète qu’il coache pour en tirer le meilleur et fédérer tous les talents dans le cas d’un sport d’équipe, celui du coach en entreprise l’est moins. Est-ce un gourou ou une sorte de psy ? « Ni l’un ni l’autre » répond en riant Odile de Sinety, coach et membre de IOTA conseils* (comme Innover, Observer, Traduire, Accompagner) qui préfère éviter la personnalisation et parler du coaching. « Si je devais résumer le coaching en un seul mot, je dirais que c’est un accompagnement. Du temps donné et pris ensemble pour s’arrêter, réfléchir, c’est un outil pour permettre le choix et la décision ».
Le coaching s’avère utile en cas de changement professionnel, de gestion de crise ou de conduite d’un projet. C’est une méthode qui se pratique en tête à tête ou en équipe. Théoriquement, le coaching s’adresse à tous les niveaux des salariés dans une entreprise jusqu’au dirigeant. Dans une époque caractérisée par la vitesse et l’impératif de réactivité et où le temps manque cruellement, le dirigeant est souvent seul face à des décisions impactant le devenir de l’entreprise. Un rendez-vous automatique et ponctuel de 2 heures brise cette fameuse solitude du dirigeant et l’oblige à s’arrêter, pour analyser, faire le point pour prendre les bonnes décisions.
Coacher, c’est se donner du temps
Le coach n’est pas un gourou et encore moins un psy. Il ne se base et n’analyse que du factuel, du ponctuel. C’est un révélateur qui permet au coaché de valider ou de transformer son action.
Le coaching peut être une démarche personnelle ou proposée par l’entreprise : c’est le cas notamment pour les J.H.P. (jeunes à haut potentiel). L’entreprise qui les emploie et qui n’a pas envie de les voir partir peut leur proposer un coaching pour déterminer avec eux un plan de carrière qui soit profitable à la fois pour eux et pour l’entreprise.
Dans les démarches personnelles, Odile de Sinety voit beaucoup de trentenaires, souvent diplômés d’Ecoles de Commerce qui après 10 ou 15 ans passés dans l’Audit ou une entreprise se demandent ce qu’ils veulent faire dans les dix prochaines années. C’est l’occasion, bien sûr, de réaliser un bilan de compétences, mais surtout de rechercher leurs motivations en les mesurant à l’aune de leurs qualités professionnelles. Il arrive d’ailleurs qu’ils restent dans leur entreprise, mais alors beaucoup plus motivés et épanouis.
Le coaching peut être un excellent remède dans les situations de crise, terme que réfute Odile de Sinety : « qui dit remède dit thérapie, dont l’étymologie même du mot signifie qu’on s’adresse à des malades, ce qui n’est pas le cas ! » Les situations de crise peuvent générer un mal-être. Le rôle du coach est alors d’analyser, avec le coaché ou l’équipe, la situation, de la décortiquer, d’identifier les points d’accroche. « Dans une situation de crise, il y a deux solutions : se battre et avancer ou subir. Le coach est là pour aider le coaché ou l’équipe à ne pas subir » explique Odile de Sinety.
N’y a-t-il pas de risque que le coaching devienne une drogue douce et engendre une certaine dépendance ? « Ça ne m’est jamais arrivé répond Odile de Sinety. Il y aurait dépendance si à chaque fois qu’ils ont une décision à prendre, ils appelaient pour savoir quoi faire. Or, je ne leur dis pas ce qu’ils doivent faire. C’est eux qui trouvent la solution. Je leur donne du temps et des outils pour les aider à réfléchir et à prendre les bonnes décisions ».
L’un des facteurs de succès d’un bon coaching est évidemment la confiance qui s’établit entre le coach et le coaché. Souvent issu de la formation, le coach doit avoir l’expérience de la diversité des pratiques professionnelles : « c’est l’un des rares métiers où l’on a besoin de vieux » explique Odile de Sinety ! mais surtout le coach, humble par définition, doit avoir une qualité d’écoute, un sens de l’analyse et de l’accompagnement, proche de l’accompagnement spirituel. Loin des honoraires exorbitants que prennent certains consultants, le coaching reste abordable même si les tarifs peuvent varier d’un coach à un autre. C’est ainsi que pour les tarifs appliqués par IOTA conseils par exemple, il faut compter entre 50 et 70 euros l’heure pour un individuel et entre 150 et 200 euros l’heure pour une entreprise dans le cadre d’une mission à déterminer avec le DRH. C’est un métier hautement « humain » quand il est bien fait, et il n’est pas étonnant que dans cette époque compliquée, il ait autant de succès.
Pourquoi IOTA ?
IOTA est un réseau créé par des consultants en formation, des coachs, des anciens dirigeants d’entreprise, qui ont fait le choix personnel de s’investir dans cette activité. Fort de sa signature : « Bouger d’un iota, Tout peut changer », la démarche IOTA conseils se déroule en trois temps :
● temps 1 : Observer, de l’écoute à l’échange
● temps 2 : Traduire, de la perception à l’action
● temps 3 : Accompagner , de l’expérimentation à la validation
Les membres du réseau se réunissent toutes les cinq semaines pour réaliser des supervisions mutuelles : chacun s’oblige à partager au sein du réseau les éléments clés de ses interventions. Cette mutualisation des expériences s’inscrit dans une optique de recherche de qualité et de professionnalisme. Les procédures et les outils sont régulièrement évalués et éventuellement revitalisés.
L’objectif de IOTA conseils est de développer une démarche d’accompagnement pour mieux conduire le changement des individus et des organisations.
